Communiqués de presse / Déclarations

Communiqué de presse

L’UDFO Vaucluse rencontre le Préfet

Une délégation de l’UDFO Vaucluse a été reçue hier en fin de journée à sa demande par le Préfet de Vaucluse.

Tout en rappelant le cadre dans lequel agissent les organisations syndicales de salariés, cette rencontre avait pour but, dans un contexte social marqué par le mouvement citoyen « les gilets jaunes », de faire part de notre analyse de la situation et de rappeler les revendications que nous portons depuis quelque temps déjà.

C’est ainsi qu’en préambule nous avons rappelé au représentant de l’Etat en Vaucluse, que dans la République sociale qui est la nôtre, Force Ouvrière agit en défense des salariés sur mandat et revendications fixées par nos instances. Nous avons également rappelé que la question essentielle du pouvoir d’achat est portée par notre organisation syndicale depuis longtemps.

Nous avons ensuite fait le constat factuel et dénoncé que le gouvernement dans la politique mise en place n’a laissé aucune place à la négociation et a de fait nié le rôle des organisations syndicales dans le but de les affaiblir. Les ordonnances « Macron » ont en particulier considérablement réduit la représentation des salariés en fusionnant CE, CHSCT et délégués du personnel.

Dans le même temps, ce gouvernement a affiché un mépris vis à vis des salariés, retraités et autres citoyens. Il a de plus intellectualisé son discours pour justifier cette politique, laissant entendre que seule la ligne politique imposée était la bonne. Ceci alors qu’il  a été incapable de mesurer l’ampleur de la détresse dans laquelle sont plongés nombre de salariés, retraités ou familles entières.

Nous avons affirmé que le mouvement citoyen « les gilets jaunes », soutenu par une majorité de la population, est ainsi une résultante de cette politique aveugle. Le gouvernement se trouve aujourd’hui face à une urgence sociale qu’il ne peut plus ignorer.

En ayant joué la carte de l’usure et du pourrissement, en ayant minimisé la détresse qui s’exprimait, le gouvernement porte une part non négligeable dans les violences constatées et qu’on ne peut que regretter.

Les fonctionnaires de police, qui doivent assurer en conséquence le maintien de l’ordre dans des conditions extrêmement difficiles, sont des femmes et des hommes eux même victimes de la baisse du pouvoir d’achat et des suppressions d’effectifs dans la fonction publique au nom de  la politique d’austérité imposée.

En qualité d’organisation syndicale de salariés nous avons rappelé certaines de nos revendications et en particulier :

  • Augmentation générale des salaires (SMIC, point d’indice dans la fonction publique, ouverture de négociations dans les branches et entreprises) et retraites.
  • Généralisation de la prime transport.
  • Maintien des services publics de proximité.
  • Réforme fiscale en faveur d’une réelle progressivité de l’impôt indispensable  à son rôle de redistribution des richesses.

Pour finir, nous avons dit qu’il était impératif que le gouvernement apporte des réponses concrètes aux revendications à la hauteur de la situation et en particulier en matière de pouvoir d’achat.

L’UDFO Vaucluse continuera à assumer ses responsabilités dans le champ d’action qui est le sien. 

Avignon, le 6 décembre 2018

DÉCLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE

DE LA CONFÉDÉRATION FORCE OUVRIERE

La Commission exécutive confédérale, réunie le 13 décembre 2018, considère que la crise actuelle et le mouvement des « gilets jaunes » sont le produit des politiques économiques et sociales menées depuis de nombreuses années privilégiant les revenus du capital au détriment du pouvoir d’achat des salariés et retraités, de la protection sociale et des services publics. 

A cela se sont ajoutées les réformes du code du travail, loi travail et ordonnances, détruisant les droits des salariés et affaiblissant la représentation syndicale et la négociation collective. 

Dans ce contexte, la Commission exécutive réaffirme avec force les revendications de FO portant surl’urgence d’une augmentation générale des salaires, pensions et retraites, minimas sociaux, tant dans le privé que dans le public, face aux pertes de pouvoir d’achat subies et accumulées depuis la crise de 2008 par les salariés. 

Les annonces récentes du Président de la République et du gouvernement ne répondent pas à la revendication d’une véritable revalorisation du SMIC(FO revendique de porter le SMIC à 80% du salaire médian, soit 1 450 € net) et de la valeur du point d’indice dans la Fonction publiqueet FO entend agir pour l’engagement, partout, de négociations dans les branches en vue de relever l’ensemble des grilles de salaires

Elle appelle à la généralisation de la prime transportpar le biais de l’engagement de négociations de branches, le seul renvoi à la négociation d’entreprise, dans l’esprit de la loi Travail et des ordonnances, démontrant son insuffisance. 

FO conteste à nouveau le transfert des cotisations sociales sur la CSG. Outre qu’il s’agit d’un détournement du salaire différé, il accélère l’étatisation de la protection sociale. 

FO réaffirme sa revendication d’une clarification des responsabilités et du financement, entre ce qui relève de la solidarité ouvrière et ce qui relève de la solidarité nationale et entend agir pour préserver et reconquérir la protection sociale collective et sa pleine responsabilité pour la défense des intérêts des salariés dans le cadre de sa gestion paritaire. 

FO réaffirme également sa revendication d’une réforme fiscale restaurant une progressivité réelle de l’impôt, permettant une redistribution effective des richesses, essentielle au financement du service public et à la réduction des inégalités.  

FO dénonce tout amalgame, d’où qu’il vienne, entre les violences extérieures aux manifestations, et l’expression des mécontentements, colères et revendications dans le cadre de la liberté de manifester. FO appelle en particulier à ce que, d’urgence, soient prises en compte les inquiétudes de la jeunesse, lycéenne et étudiante, demande au gouvernement d’ouvrir immédiatement des négociations avec leurs représentants et dénonce toute entrave à la liberté de manifestation et l’usage disproportionnée de la force à l’encontre de la jeunesse.

FO souligne les bons résultats lors des élections récentes pour les CSE. Fort de ses succès dans la Fonction publique, FO poursuivra son action déterminée contre les politiques de démantèlement des services publics, leur privatisation et la mise en cause du statut. 

FO réaffirme son opposition au cadrage gouvernemental imposé à la négociation de l’assurance chômage et se prononce contre toute remise en cause des droits des demandeurs d’emploi

FO réaffirme sa revendication du maintien des 42 régimes existants de retraiteet refuse tout système universel par points.  

Tout en soulignant que le mouvement syndical des salariés ne peut s'isoler dans la nation,FO rappelleque l’indépendance syndicale, vis-à-vis de l’Etat, toute structure ou influence extérieure, est le gage de la défense des droits des salariés, et est étrangère à toute notion de pacte social. 

La Commission exécutive apporte son soutien aux syndicats engagés dans des négociations, actions et grèves sur leurs revendications, et appelle les syndicats FO à agir dans les entreprises et au niveau des branches pour l’obtention d’augmentation générales de salaires.  

FO réaffirme la nécessité d’engager la mobilisation à tous les niveaux permettant de créer le rapport de force interprofessionnel y compris par la grève,et invite les syndicats à organiser les assemblées générales en ce sens. 

Paris, le 13 décembre 2018