Non à la retraite des morts!

Réforme des retraites : FO maintient la pression

 

Le 15 octobre 2013, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi garantissant l'avenir et la justice du système de retraites, par 270 voix contre 249. L'UMP, l'UDI et le Front de gauche ont voté contre, tandis que les écologistes, les radicaux de gauche et 17 députés socialistes se sont abstenus. Dès le début des débats, FO lançait une adresse/pétition aux parlementaires pour rappeler son opposition au projet de loi sur les retraites. Le 15 octobre, 15.000 personnes dont plus de 8.000 militants de Force Ouvrière manifestaient à Paris, Place de la Concorde, pour dénoncer «la retraite au Flanby». Le texte sera discuté au Sénat à partir du 28 octobre. Un rassemblement aura lieu devant le sénat le mercredi 30 octobre 2013 à l’initiative de l’URIF-FO et de l’URIF-CGT.


Signez la pétition et écrivez à votre député: http://nos-retraites-fo.fr/

10 septembre 2013 Prise de parole UDFO Vaucluse

Chers camarades, chers amis, je m’exprime au nom de l’Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Vaucluse.

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour avoir su vous mobiliser afin de faire barrage à cette nouvelle contre réforme des retraites dans la continuité de celles de 93, 95, 2007 et 2010 et pour dire NON à tout allongement de la durée de cotisation.

A chaque fois qu’un gouvernement s’attaque au dossier retraites, il explique que c’est la der des ders et qu’il entend garantir le système pour l’avenir, redonner confiance, notamment aux jeunes.

Et bien parlons des jeunes. Quel signe d’espoir leur donne-t-on avec ce nouvel allongement de la durée de cotisation ?

Alors que le taux d’emploi des jeunes ne dépasse pas 45%, alors que la moyenne d’âge d’entrée dans la vie active s’établit vers 23, 24 ans, on leur demande de devoir cotiser 43 ans pour une retraite pleine et entière. Le calcul est vite fait. Les nouvelles générations ne partiront pas en retraite avant 67 ans, et encore sous réserve qu’elles n’aient pas eu d’interruption de carrière. C’est au fond la même chose que de repousser l’âge légal.

Pour FORCE OUVRIERE, cette réforme anti jeune n’est pas acceptable !

On nous dit qu’il faut tenir compte de l’espérance de vie. Mais qui tient compte de l’espérance de vie en bonne santé, qui ne cesse de baisser ces dernières années et s’établit aujourd’hui à 63 ans ?

C‘est la retraite des morts que l’on nous prépare !

Mais ne vous y trompez pas ! Tout le monde est concerné par cette contre réforme qui ne fait que prolonger, renforcer et aggraver les précédentes.

En allongeant la durée de cotisation, le gouvernement  répond en fait aux injonctions de la Commission européenne et des marchés financiers. Il répond également aux attentes du patronat, même si celui-ci fait mine d’être insatisfait. Il a d’ailleurs obtenu, avant même que le projet soit publié, la compensation de l’augmentation de la part patronale prévue dans la réforme, et ce au détriment de la branche famille.

Et dire que le gouvernement avait annoncé qu’un effort serait demandé à tous !

C’est donc une réforme injuste et stupide qui nous est imposée !

Stupide parce qu’à l’entrée du marché du travail, pour les jeunes c’est « portes closes », et à la sortie pour les séniors c’est « la porte ».

Les portes battantes claquent bien fort pour sauver la compétitivité, chère aux yeux d’un patronat en pleine lutte des classes, qui en réclame toujours plus au détriment des salariés.

La politique d’austérité menée en France, puisque que c’est bien de ça qu’il s’agit, ne peut conduire qu’à l’impasse.

Mais elle se poursuit inexorablement détruisant tout ce qui fait notre modèle social, menaçant notre système de protection sociale dans son ensemble, retraite, famille, santé et je rajouterais code du travail.

Et nous devrions laisser faire ? Pour FO, il n’en est pas question !

C’est à nous, c’est à vous, jeunes et moins jeunes, de réagir partout dans les entreprises, les administrations.

Nous devons tout faire pour qu’ils reculent.

A FORCE OUVRIERE, nous nous inscrivons dans une démarche de reconquête sociale du droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour tous.

A FORCE OUVRIERE, nous disons clairement NON à tout allongement de la durée de cotisation parce que nous refusons la retraite des morts à 67 ans et plus.

A FORCE OUVRIERE, nous considérons cette journée comme une première étape, et nous sommes prêts à une grève nationale inter professionnelle indispensable pour faire reculer gouvernement et patronat et défendre nos acquis sociaux.

 

RETRAITES : "Nous ferons tout pour qu'ils reculent"

Entretien accordée Aux dernieres nouvelles d’alsace par Jean-Claude Mailly le 20 AOUT 2013

Le leader de FO estime l’augmentation de la durée de cotisations inefficace et stupide. Selon Jean-Claude Mailly, la politique de François Hollande n’est pas très différente de celle de Nicolas Sarkozy. Elle obéit à l’austérité européenne.

Dans quel état d’esprit rentrez vous ?

Combatif… Je constate, lors de mes déplacements qu’il y a beaucoup d’insatisfactions sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les retraites. Le tout dans un contexte peu brillant : le sursaut de croissance est fragile et la politique d’austérité continue.

Et les gens que vous rencontrez sont-ils combatifs ?

Je ressens de la grogne et du mécontentement. On le mesurera le 10 septembre, mais je sens déjà qu’il y aura du monde. Nous sommes sur un volcan : on voit de la fumée, on sait que ça bouillonne sans savoir quand aura lieu l’éruption… Je ne suis pas vulcanologue, mais je sais qu’il faudra que ça sorte, ou socialement ou politiquement.

Qu’attendez-vous sur les retraites?

Pour l’instant, nous n’avons que des pistes, des ballons d’essai. Il y a même tellement de ballons sur le terrain que nous ne savons plus dans lequel taper… Le plus grave est l’allongement de la durée de cotisation qui est stupide, dangereux et inefficace. Les jeunes générations se demandent si elles auront une retraite, ou alors à quel âge, parce que depuis vingt ans, les réformes se succèdent sur le même modèle. Et continuer d’allonger la durée de cotisation, c’est au fond la même chose que de repousser l’âge légal, cela conduit à partir plus tard en retraite. Si le gouvernement retient par exemple l’hypothèse de 44 ans de cotisation, cela veut dire qu’un jeune ayant commencé à travailler à 23 ans ne partira pas avant 67 ans ! Ce n’est pas acceptable. Sauf si l’objectif du gouvernement est de faire plaisir aux marchés et à la Commission européenne.

Mais vous espérez vraiment faire reculer le gouvernement ?

Ah oui, nous ferons tout pour qu’il recule sur les points inacceptables en matière de retraites.

Vous défendez « la France du moindre effort » décrite par le nouveau président du Medef, Pierre Gattaz ?

M. Gattaz nous fait du patronat de combat, de lutte des classes ! Son credo, c’est l’ultralibéralisme : moins de contraintes, moins de charges… Si cela se confirme dans les prochaines négociations, cela veut dire que les relations vont se tendre avec le patronat.

Jean-Luc Mélenchon vient d’accuser François Hollande de mener « une politique de droite ». Vous êtes d’accord ?

Je ne rentre pas dans ces questions… Ce sont les syndicats, pas les partis, qui appellent à manifester. Et je me souviens qu’en 2010, dans les manifestations contre la réforme des retraites, il y avait des délégations du Parti socialiste… En revanche, je dis que la décision la plus importante de François Hollande est d’avoir renoncé à renégocier le traité européen : à partir du moment où l’on accepte cette logique, on rentre dans un entonnoir d’austérité dont la réforme des retraites est une conséquence. C’est pourquoi la politique menée par François Hollande n’est pas très différente de celle de Nicolas Sarkozy : elle obéit à la même logique européenne.

RECUEILLI PAR FRANCIS BROCHET

Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires 84

Communiqué de presse des syndicats

CGT, FO, FSU, Solidaires de Vaucluse

Retraites : tous en grève et à la manifestation le 10 septembre 2013

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires de Vaucluse se sont réunies mardi 23 juillet 2013 pour préparer la journée nationale d’action interprofessionnelle du 10 septembre 2013 décidée par leurs organisations nationales sur les questions des retraites, de l’emploi, des salaires, de l’avenir des services publics.

Elles considèrent que l’heure est à la mobilisation pour faire reculer le gouvernement et obtenir un changement de cap politique et économique qui rompt avec la logique d’austérité imposée dans toute l’Europe.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires de Vaucluse affirment que la retraite à 60 ans pour tous, public et privé, avec un haut niveau de pension est un choix de société qui peut être imposé par une autre répartition des richesses, une rupture avec la logique destructrice de la réduction de la dette et des déficits et les exigences patronales de réduction du coût du travail.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires de Vaucluse contestent les mesures préconisées par le rapport Moreau, et la feuille de route tracée par le président de la République et le premier Ministre.

Elles refusent d’ores et déjà :

  • Tout allongement de la durée de cotisation qui entérine de fait le recul de l’âge de départ en retraite,
  • Toute velléité de remise en cause du statut général de la fonction publique et du code des pensions civiles et militaires,
  • Toute baisse du pouvoir d’achat des retraités ou sous indexation des pensions.

Dans le cadre de la journée nationale d’action interprofessionnelle, les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires de Vaucluse ont décidé d’organiser une manifestation à Avignon, le mardi 10 septembre 2013 à partir de 10H.


Elles appellent leurs syndicats dans les entreprises et les administrations à se mobiliser pour assurer le succès de la manifestation et des grèves.

Les organisations syndicales de CGT, FO, FSU et Solidaires de Vaucluse ont prévu de se rencontrer à nouveau le 2 septembre 2013 afin de définir les modalités pratiques de la manifestation.


Avignon, le 23 juillet 2013 

DECLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE

Enfermé par les engagements pris par la France dans le cadre du Pacte Budgétaire Européen, le gouvernement annonce une énième « réforme » des retraites dans une logique de réduction des dépenses publiques et sociales, logique encore réaffirmée et accentuée pour 2014. 

Rappelant son opposition au Pacte Budgétaire Européen et à la logique d’austérité, mise en œuvre en Europe et en France, la Commission Exécutive réaffirme la détermination de FORCE OUVRIERE à combattre toute remise en cause des droits des salariés du public, du privé, des chômeurs et des retraités.

Conformément au mandat du Congrès confédéral, la Commission Exécutive Confédérale rappelle, en particulier, outre son refus d’une réforme dite systémique : 

    Son opposition à tout nouvel allongement de la durée de cotisation, la durée actuelle étant déjà trop longue ;

    Son opposition à toute velléité de remise en cause du statut général de la fonction publique et du code des pensions civiles et militaires ;

    Son opposition à faire baisser le pouvoir d’achat des retraités et chômeurs.

Elle mandate le Bureau Confédéral pour développer et défendre, dès maintenant et largement, les positions, arguments et revendications de FORCE OUVRIERE, en matière de retraite, de pénibilité du travail, d’augmentation des salaires et de lutte pour l’emploi.

Sur ces bases, la Commission Exécutive décide d’une mobilisation dès la rentrée. A cette fin sur des revendications claires, elle mandate le Bureau Confédéral pour prendre contact avec d’autres organisations syndicales.

Votée à l’unanimité 

Paris, le 5 juillet 2013

Communiqué FO, CGT, FSU, Solidaires

Communiqué des organisations syndicales

 CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires

Les organisations syndicales CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires se sont réunies aujourd’hui sur les questions des retraites, de l’emploi, des salaires, de l’avenir des services publics.

Après la Conférence sociale et les concertations de l’été, le Gouvernement attend le mois de septembre pour donner les grandes mesures qu’il compte prendre.

Ses premières déclarations inquiètent les salariés, les retraités et les demandeurs d’emploi d’autant que le calendrier imposé est très resserré.

Les organisations syndicales ont déjà largement fait part de leur analyse sur le rapport Moreau et des mesures qu’elles ne sauraient accepter : tout allongement de la durée de cotisation, l’opposition public/privé, la sous-indexation des pensions et des salaires portés aux comptes.

Pérenniser le système solidaire de retraite par répartition nécessite de réparer les injustices dues aux précédentes réformes. Il faut sortir des logiques qui ont diminué le niveau des pensions et créé des inégalités notamment entre les femmes et les hommes.

L’allongement de la durée de cotisation, déjà engagé, fixe des conditions inaccessibles aux plus jeunes dont la durée d’étude, de formation, de recherche d’emploi est allongée par rapport aux générations antérieures.

Le financement des retraites nécessite de construire des alternatives par l’apport de ressources  nouvelles, tout particulièrement en améliorant le pouvoir d’achat des salariés et en créant des emplois. Il est urgent d’augmenter l’ensemble des salaires, du privé comme du public, ce qui impose d’en finir avec le gel du point d’indice et de revaloriser réellement le SMIC.

Il est nécessaire de redonner confiance aux salariés, particulièrement aux jeunes générations dans le système de retraite solidaire.

Pour changer de cap et faire face à la situation, il faut rompre avec les politiques d’austérité.

Les organisations syndicales CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires appellent à une journée nationale d’action interprofessionnelle avec grèves et manifestations le 10 septembre 2013 pour ne pas laisser les propositions du MEDEF faire la loi et pour imposer d’autres choix au gouvernement.

Montreuil, le 8 juillet 2013

Jean-Claude MAILLY : «On va droit dans le mur»

LE FIGARO. - Personne ne sera épargné par la réforme à venir, dit l’exécutif. Êtes-vous d’accord ?
Jean-Claude MAILLY. - Personne ne doit être concerné par la réforme, c’est le contraire : tout le monde doit être épargné. Sinon, on va reconstituer la retraite des morts. On ira droit dans le mur. On ne peut pas isoler le dossier des retraites du contexte de la politique économique du gouvernement. L’acceptation du pacte budgétaire européen nous a propulsés dans la seringue de l’austérité et tout en découle depuis. D’ailleurs, la question d’une réforme des retraites revient partout en Europe. Or l’austérité engendre une hausse des déficits : sur un autre registre, 300 000 chômeurs de plus se traduisent ainsi par une progression de 1,2 milliard d’euros des dépenses d’assurance-chômage. Je ne nie pas l e besoin de financement des régimes de retraite, mais il est largement conjoncturel. Si on enlève les effets crise et politique de rigueur, le problème est moins criant.
 
L’idée est pourtant de faire cotiser tout le monde plus longtemps…
Cela fait des années que l’on nous ressort les mêmes curseurs. La piste de l’allongement de la durée de cotisation est inacceptable. Imaginez que la génération 1989, compte tenu de son âge d’entrée sur le marché du travail, devra alors cotiser 44 annuités et partir à la retraite à 68 ans pour avoir une pension à taux plein ! Et la moitié des sal ariés qui liquident aujourd’hui leur retraite n’est déjà plus en activité. Si on augmentait la durée de cotisation, ce chiffre serait bien plus important et le coût pour l’assurance-chômage, notamment, bien plus que conséquent. Ce serait donc tout le contraire d’une politique guidée par la justice et relèverait surtout d’une grande hypocrisie, car augmenter la durée de cotisation revient de facto à reporter l’âge de départ en retraite. Ce qui ne marquerait, au final, aucune différence avec l’ancienne majorité.
 
Que pensez-vous d’un rapprochement des modalités de calcul des pensions public-privé ?
Beaucoup de Français continuent de croire que les fonctionnaires ont une meilleure retraite que les salariés du privé. Mais ce qui compte, c’est le taux de remplacement, le pourcentage entre le dernier salaire et la pension, qui est quasiment identique. Pourquoi changer les règles alors, sauf à vouloir opposer les salariés du public à ceux du privé, et aussi remettre en cause le statut général de la fonction publique pour mieux fusionner à terme tous les régimes ? Cette piste n’est pas, en tout cas, discutable et si on doit aller dans la rue pour le rappeler au gouvernement, on le fera.
 
Quelle contre-réforme proposez-vous ?
La modification de la politique économique menée, la fin de la cure d’austérité et la hausse des cotisations. Mais je vois bien que ce n’est pas la priorité du gouvernement. Le dossier des retraites sera l’un des plus anxiogènes des six mois à venir et provoquera beaucoup de tensions avec l’exécutif, c’est inévitable. 

PROPOS RECUEILLIS PAR M. L.